12.

Depuis son « accident », Jack Mackenzie vivait dans une résidence spécialisée, porte de Bagnolet, payée, en partie seulement, par sa pension d’invalidité de la Police nationale. Logé dans un studio relativement confortable, il bénéficiait des services de la résidence et d’un suivi médical, tout en gardant un semblant d’indépendance. Pourtant, chaque fois qu’Ari traversait le hall d’entrée, il ne pouvait réprimer un frisson où se mêlaient un sentiment de culpabilité et l’angoisse de retrouver son père mort au milieu de son appartement.

— Bonjour, papa.

Le vieil homme avait ouvert la porte et dévisageait son fils d’un air hagard. Âgé de soixante et onze ans, il en paraissait bien dix de plus. Les joues creusées, les paupières tombantes, les yeux jaunes, une barbe taillée en pointe et les cheveux gris, il avait le regard triste des gens qui n’attendent que la mort. Il portait une robe de chambre bleue et Ari se demanda si son père avait enfilé des vrais vêtements ce jour-là, ou même la veille.

— Il faut se méfier de la haine pour Pinochet, pour la CIA, pour la société et compagnie, chuchota Jack Mackenzie en guise de bonjour, avant de refermer la porte à clef derrière son fils.

Comme il le faisait chaque fois, le vieil homme rejoignit directement son fauteuil. Ensuite, il regardait fixement le poste de télévision éteint, comme s’il était captivé par des images que personne d’autre ne pouvait voir.

Ari, respectant la routine, entra dans la cuisine et fit un peu de vaisselle. Puis il vint s’asseoir à côté de son père.

L’appartement n’était pas grand et le mobilier, qui n’avait pas été changé depuis la construction de la résidence, était modeste et austère. Les murs, peints en beige, n’étaient ornés d’aucun tableau et il n’y avait pas de bibelot dans le salon. Jack Mackenzie avait toujours refusé qu’Ari y apportât la moindre touche de décoration. Il préférait l’ambiance neutre et apaisante de son appartement. Ari le trouvait encore plus sinistre qu’une chambre d’hôpital.

— Papa, j’ai une mauvaise nouvelle à t’annoncer.

— Il y a aussi le grave problème de la respiration.

Ari avait renoncé depuis longtemps à répondre aux phrases de son père quand il n’en comprenait pas le sens. Sinon, la conversation n’en finissait pas et devenait de plus en plus surréaliste. Par moments, Jack Mackenzie exprimait des choses sensées – il aimait par exemple parler avec son fils des chansons de Georges Brassens ou évoquer l’histoire du Canada et de l’Arménie – et Ari se raccrochait à ces rares instants de lucidité. Ce soir, il espérait seulement que son père en aurait un. Parce qu’il avait une question importante à lui poser.

— Papa, je suis venu te dire que Paul, ton ami Paul Cazo, est mort hier soir.

Le vieil homme resta silencieux. Il ne regarda même pas son fils. Après quelques secondes, qui parurent une éternité à Ari, il leva lentement le bras et bougea les doigts comme s’il tenait la télécommande pour changer de chaîne.

Ari posa sa main sur l’épaule de son père.

— Allons, ne fais pas comme si tu ne m’avais pas entendu. Je sais que ça te fait beaucoup de peine, papa. Je sais que tu aimais Paul plus que n’importe qui.

Jack Mackenzie cligna plusieurs fois des yeux, sans quitter du regard l’écran gris-bleu. Son visage, soudain, sembla se détendre, perdre un peu de sa rigidité.

— C’est que, vois-tu, je ne veux aucun rapport avec le contexte, articula-t-il à voix basse avec une lenteur exagérée, et Ari vit alors une larme perler au bord de sa paupière.

Il serra le bras de son père, comme soulagé que celui-ci lui ait montré, à sa façon, qu’il comprenait, au moins partiellement, ce qui se passait autour de lui.

Ils restèrent un long moment ainsi, sans parler, puis le vieil homme se tourna vers son fils.

— Ari, qui a gagné la Coupe du monde de football en 1998 ?

— La France, papa, c’était la France. Tu te souviens ? Je t’ai emmené sur les Champs-Élysées le soir de la finale, quand tout le monde faisait la fête.

— Non. Non, je ne m’en souviens pas. Tu sais, Ari, je crois que je perds la tête.

— Mais non, papa.

— C’est depuis qu’Anahid est morte, tu vois. Tout le monde meurt, maintenant. À part moi. Et toi, tu es amoureux d’une femme, mon fils ?

Ari ne put s’empêcher de sourire. Chaque fois que son père revenait à la réalité, il lui posait la même question.

— Non, papa, toujours pas.

— Tu devrais faire plus attention aux femmes, Ari. Leur offrir des fleurs. Les femmes adorent qu’un homme leur offre des fleurs. Anahid, je lui portais des orchidées. Elle adorait les orchidées. Un jour, à Londres, je l’ai emmenée voir le musée des orchidées. Tu ne peux pas imaginer combien d’espèces différentes il existe. Plus de vingt mille, si je me rappelle bien. Vingt mille, tu te rends compte ? Bien sûr, elles ne sont pas toutes aussi belles, mais tout de même ! Tu ne m’avais pas parlé d’une fille qui vend des livres à la Bastille ?

— Papa, je voudrais te poser une question au sujet de Paul.

— Paul ? Paul Cazo ? Oh, tu sais, c’est un type extraordinaire. Cela fait longtemps que je ne l’ai pas vu.

— Papa…

Ari se demandait si c’était bien la peine d’interroger son père. Si c’étaient le lieu et l’heure… Mais la veille, dans la vitrine de Paul, deux objets l’avaient intrigué. Et il avait envie de savoir. Parce que cela aurait pu être une piste. Un début de piste.

Sur l’une des étagères en verre, parmi d’autres bibelots, il avait remarqué un compas et une équerre entrecroisés. Depuis, la question le poursuivait sans qu’il ait pu trouver la réponse dans les dossiers que lui avait donnés Iris. Personne ne connaissait Paul aussi bien que Jack Mackenzie. La réponse se nichait peut-être quelque part dans les méandres de ses souvenirs.

— Papa, est-ce que Paul était franc-maçon ?

Le vieil homme ne réagit pas tout de suite. Puis il se frotta la barbe, un geste qu’il faisait souvent quand il voulait montrer qu’il réfléchissait.

— Si on inventait un langage sans précédent et sans aucun rapport, c’en serait fini de notre caractère démentiel.

Ari soupira.

— Papa, s’il te plaît, essaie de te souvenir. Est-ce que Paul était franc-maçon ?

— Attends… Attends… Oui, Ari. Pierre Mendès France était franc-maçon.

— Oui, papa, je sais, mais Paul ?

— Oh, il y en a eu beaucoup. Voltaire, Mozart… Et même Louise Michel. Cette incroyable Louise Michel ! Et puis, comment s’appelle-t-il déjà, celui qui a inventé Sherlock Holmes ?

— Conan Doyle.

— Oui, c’est ça. Conan Doyle. Il était franc-maçon. Il y en a beaucoup. C’est pour ça que les nazis voulaient les tuer. Comme les juifs. Et puis il y a eu le génocide arménien, aussi. C’est pour ça que ta mère est venue en France avec ses parents et qu’elle t’a appelé Ari. C’était le prénom de son grand-père, mort là-bas.

— D’accord, mais tu ne m’as pas répondu pour Paul. J’ai vu chez lui une équerre et un compas, dans une vitrine. Tu crois qu’il était franc-maçon ?

— Mais non, Ari ! Paul était architecte ! Ce n’est pas la même chose. Tu dis n’importe quoi. Un jour, j’ai commencé à apprendre le swahili.

Ari se leva doucement. Pourquoi lui avait-il posé cette question ? Après tout, même si son père avait répondu par l’affirmative, il n’aurait pu en être sûr.

Il resta auprès de lui jusqu’à 20 heures, rangeant ici et là quelques affaires, parlant de tout et de rien, comme les médecins le lui avaient recommandé, pour obliger son père à discuter. Puis il lui servit le dîner qu’on avait laissé devant la porte, sur une table roulante, et il lui annonça enfin qu’il devait partir, avec ce pincement au cœur qui l’étreignait chaque fois.

Jack Mackenzie, qui ne montrait jamais de tristesse, le raccompagna jusqu’à la porte. Mais, avant de s’enfermer, il attrapa Ari par l’épaule, se pencha à son oreille et lui chuchota :

— Tu devrais lui offrir des orchidées, à ta libraire. Je suis sûr que les libraires aiment les orchidées.

Le rasoir d'Ockham
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